Osons en parler: suicide, abus sexuels, anorexie, boulimie, automutilations

Vaincre le silence pour ne plus rester seul avec notre souffrance...Réussir à mettre des mots sur nos maux. Osons en parler pour aider les victimes

12 novembre 2006

souffrir pour vivre

Automutilation : souffrir pour vivre 440910763

Scarifications, coupures, et autres brûlures... parfois, ados et jeunes adultes se mutilent de manière intentionnelle. Et ces comportements seraient en hausse depuis quelques années. Pourquoi ce besoin de se faire mal ? Comment en sortir ? Doctissimo revient sur cette douleur à fleur de peau.

L'automutilation est un problème sous-estimé. Pourtant, il toucherait un nombre croissant d'adolescent et de jeunes adultes, essentiellement des femmes. Plus d'un jeune sur dix serait concerné.

Pourquoi se faire mal ?

L'automutilation consiste, comme son nom l'indique, à s'infliger des blessures de manière intentionnelle. Cela passe par de petites coupures avec un rasoir ou un cutter, des brûlures, des morsures... L'ado s'impose généralement cette souffrance à l'abri des regards de son entourage, en se cachant dans sa chambre ou la salle de bain. Ces blessures pratiquées de manière répétée n'ont pas pour objet d'attirer l'attention, mais semble-t-il de permettre de contrôler ses émotions, ses angoisses, ses colères... à moins qu'il ne s'agisse d'un moyen de se réapproprier son corps. Il faut souligner une sorte de "mode" de l'automutilation - certaines stars, tel que Marilyn Manson, n'hésitant pas à se scarifier sur scène - qui n'est peut être pas sans rapport avec l'augmentation du nombre de cas.

Anorexie, boulimie et automutilation

Il semble y avoir des liens forts entre l'automutilation et les troubles du comportement alimentaires. Ainsi, ce besoin de se faire mal est souvent observé dans les problèmes d'anorexie. On le retrouve également dans les cas de boulimie. Cela semble logique, car troubles du comportement alimentaire et automutilation ont des causes similaires : expression d'un mal-être, volonté de maîtriser les changements de son corps... A noter, l'automutilation est également liée à l'abus d'alcool et de drogues. Mais bien sûr, il n'existe pas de règles en la matière.

Le dialogue essentiel

Généralement, l'automutilation s'atténue avec l'âge, et disparaît après quelques années. Mais dans quelques cas, elle peut constituer le signe annonciateur de troubles plus graves. Les parents qui découvrent ce problème ne doivent pas hésiter à orienter leur enfant vers un psychologue ou un psychiatre. L'aide d'un spécialiste aidera le jeune adulte à comprendre les raisons de son comportement. Car l'automutilation traduit un malaise profond. Et un psy peut aider à se réconcilier avec son corps, et limiter les dégâts. Mais il faut aussi que la famille repense sa relation avec celui qui s'automutile. Car ce comportement dénote d'un manque d'écoute. Il est donc essentiel de réinstaurer le dialogue et d'essayer de comprendre ses appels à l'aide qui ne disent pas leur nom..

Alain Sousa

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15 juillet 2006

L’expression de blessures visibles

L’expression de blessures visibles

A 27 ans, Bruno se souvient : « Je me suis mutilé de 14 à 17 ans. Avec un cutter, je me lacérais les cuisses et les bras. Aujourd’hui, grâce à une thérapie de type analytique, je pense que j’avais intégré le message de haine que ma mère me renvoyait régulièrement. Elle n’avait pas voulu de moi, elle me le faisait sentir jour après jour, j’étais le dernier des nuls, je n’arrivais à rien. Je me sentais tellement coupable que je me punissais régulièrement de ne pas être digne de son amour. »

Ces enfants en manque d’amour parental, David Le Breton en a croisé beaucoup au cours de son enquête : « Un enfant qui n’a pas été touché avec tendresse pendant ses premières années souffre d’un manque de contact, explique-t-il. Le corps n’ayant pas été ressenti comme expérience de plaisir, il reste extérieur, détaché. Et ne devient emblème de soi qu’à travers la douleur. La blessure renoue la frontière entre le dedans et le dehors »

Pour Patrice Huerre, « l’automutilation est souvent un indicateur de violences subies, psychiques, physiques ou sexuelles Montrer les blessures que l’on se fait est un moyen d’attirer l’attention sur celles qui ne se voient pas.» Cette violence venue de nos profondeurs et que l’on s’inflige pour ne pas l’imposer aux autres agit à la façon des saignées d’autrefois : elle libère une tension intérieure extrême. On se fait mal pour ne plus avoir mal. Carole en témoigne : « Mes périodes de lacération étaient suivies de moments de parfait bien-être. Toute la noirceur que je ressentais s’écoulait avec mon sang. Je m’allongeais sur mon lit et je me sentais, enfin, soulagée. »

C’est précisément dans ce sentiment d’apaisement que naît le risque d’un engrenage, d’une addiction dont les ressorts sont les mêmes que ceux de l’anorexie ou de la boulimie : le destruction pour aller mieux. Où commence le risque ? « Dans tous les cas, l’automutilation est un indicateur de malaise qui doit alerter les parents, répond Patrice Huerre.

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Posté par colombes à 18:35 - les automutilations - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juillet 2006

brulures premiers soins

Les brûlures

Okay. Vous vous êtes brûlé. C'est douloureux. Peut-être regrettez-vous votre geste, peut-être pas. Quoiqu'il en soit, vous devez prendre soin de cette blessure afin que cela ne s'aggrave pas. Mais vous n’êtes pas sur de savoir comment vous y prendre. Voici quelques petits "trucs" de base que vous pouvez lire sans oublier que nous ne sommes pas des professionnels de la santé.

Attention, toutes les brûlures, quels que soient leurs degrés, simples ou multiples, dont la surface totale est supérieure à l'équivalent de la paume de la main, doivent être contrôlées par un professionnel de la santé (pharmacien ou médecin). Il en va de même pour une brûlure près des muqueuses (yeux, bouche, nez, appareil génital, anus) et ce, quelle que soit son étendue.

Brûlure au premier degré

rouge, douloureux, sensation de chaleur, absence de cloque
* Laissez couler de l'eau froide en jet continu. Le débit du jet ne doit pas être fort. Il est important de rester sous le jet pendant minimum 10 minutes même si vous vous sentez soulagé assez vite.
* Séchez doucement la brûlure sans la frotter, en appliquant juste un tissu propre.
* Si une cloque s'est formée, ne la percez pas.
* Appliquez une pommade hydratante et cicatrisante (Biafine par exemple)
* Protégez la brûlure avec une compresse (ou mieux, du tulle gras vendu en pharmacie) et maintenez la gaze en enroulant une bande. Vous conserverez ainsi une certaine humidité autour de la brûlure.
* Refaites régulièrement le pansement (pommade, compresse et bandage) au moins une fois par jour jusqu'à ne plus sentir de douleur. Puis laissez à l'air libre (sans pansement)
* Attention à ne pas cogner la brûlure et bien la surveiller. Attention aux infections.
* La cicatrisation se fera en 3 à 4 jours. Ces délais sont variables. (cf. remarques dans "les coupures légères").

Brûlure au deuxième degré superficiel

rouge, très douloureux, apparition de cloques
* Laissez couler de l'eau froide en jet continu. Le débit du jet doit être doux. Il est important de rester sous le jet pendant minimum 20 minutes.
* Séchez doucement la brûlure sans la frotter, en appliquant juste un tissu propre.
* Ne percez pas les cloques.
* Appliquez une pommade hydratante et cicatrisante (Biafine par exemple)
* Protégez la brûlure avec une compresse (ou mieux, du tulle gras vendu en pharmacie) et maintenez la gaze en enroulant une bande.
* Refaites régulièrement le pansement (pommade, compresse et bandage) au moins une fois par jour jusqu'à ne plus sentir de douleur. Puis laissez à l'air libre (sans pansement)
* Attention à ne pas cogner la brûlure et bien la surveiller. Attention aux infections.
* La cicatrisation se fera en 1 à 2 semaines. (cf. remarques dans "les coupures légères").


Brûlure de degrés supérieurs

couleur blanc, rosé à marron, voir noire, d'aspect cartonneux, avec possibilité de baisse ou de perte de la sensibilité, …
* Consultez absolument un médecin le plus rapidement possible.

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soins: coupure

Les coupures

Okay. Vous vous êtes coupé. Vous voulez prendre soin de vos blessures afin qu’elles ne s’infectent pas. Mais vous n’êtes pas sur de savoir comment vous y prendre. Voici quelques petits “ trucs ” de base que vous pouvez lire sans oublier que nous ne sommes pas des professionnels de la santé.

Coupures légères

Peu de sang. Cela ressemble à une griffure ou à une coupure faite avec une feuille de papier.
* Lavez-vous les mains.
* Ne laissez pas couler l'eau sur une blessure qui saigne, éventuellement, pressez la coupure avec un tissu propre (ou compresse, éviter le coton) et maintenez jusqu’à ce que cela ne saigne plus.
* Quand le sang s'est arrêté de couler, lavez soigneusement à l’eau savonneuse la peau autour de la plaie en faisant bien attention de ne pas irriter davantage.
* Passez délicatement un peu de désinfectant (Hexomédine, eau oxygénée, Biseptine ou Bétadine jaune) sur la plaie. Cette phase est très importante ! Une plaie mal soignée peut entraîner une infection très grave (pouvant même aller jusqu'à la perte de l'usage des doigts par atteinte tendineuse dans le cas d'un phlegmon : inflammation aiguë sous-cutanée ou tissu profond)
* Recouvrez la blessure d’un sparadrap si elles sont à des endroits où elles risquent les frictions.
* Surveillez bien la coupure. N'hésitez pas à changer régulièrement le pansement. Si la blessure devient rouge en périphérie, ou gonflée avec une sensation de chaleur ou douloureuse au toucher ou bien trop moche (purulente), nettoyez la à nouveau en la désinfectant. Mais si cela persiste au-delà de 2 jours, c’est qu’il y a infection. Dans ce cas, vous devez aller consulter un médecin (éventuellement un pharmacien) pour avoir les soins appropriés.
* La coupure mettra 5 à 10 jours à cicatriser. Cela peut être plus ou moins long selon votre état de santé et la nature de la coupure. Si elle est localisée au niveau d’un pli (coude, genou, pied, etc.…), cela sera sûrement plus long à cause des frottements ou des mouvements. Si vous êtes diabétique, la plaie cicatrisera plus lentement.

Coupures peu profondes

Un peu plus de sang. Les bords ne se joignent pas d’eux-mêmes. N’atteint pas les veines et il n’y a pas de petites boules qui flottent (ce serait de la graisse).
* Lavez-vous les mains.
* Ne laissez pas couler l'eau sur une blessure qui saigne.
* Pressez la coupure avec un tissu propre (ou compresse) et maintenez jusqu’à ce que cela ne saigne plus.
* Lorsque le saignement est arrêté, rasez éventuellement très délicatement la peau tout autour de la coupure puis, lavez soigneusement à l’eau savonneuse la peau autour de la plaie en faisant bien attention de ne pas irriter davantage.
* Passez délicatement un peu de désinfectant (Hexomédine, eau oxygénée, Biseptine ou Bétadine jaune) sur la plaie. Cette phase est très importante ! (voir coupures légères)
* Utilisez des sutures adhésives (de type Stéri-strips) pour joindre les bords de la plaie tout le long de la coupure (positionnez les sutures perpendiculairement à la coupure). Puis recouvrez d'un pansement étanche.
* Gardez les strips pendant 4 à 5 jours en évitant de mouiller la plaie (lors des douches par exemple). Surveillez bien la coupure pour détecter les signes d’infection (bords rouges boursouflés, suintements excessifs, douleur, peau rouge et brûlante tout autour). En cas d’infection, allez consulter un médecin.
* Pour les premiers jours, jusqu’à l’arrêt des suintements, recouvrez la blessure d’un bandage. Bien sur, faites attention à ne pas cogner la coupure ni trop serrer le bandage !
* Masser un peu la peau autour de la coupure tous les jours, sinon la cicatrice sera trop serrée et cela pourra causer des problèmes par la suite.
* Cela devrait prendre entre 7 et 20 jours à cicatriser. Garder bien les strips jusqu’à complète cicatrisation.
* Surtout la nuit, faites attention à bien garder la plaie couverte.

Coupures profondes

Les bords sont écartés. La coupure est profonde. On peut voir la graisse et cela a pu toucher une veine.
* Lavez-vous les mains.
* Utilisez un vêtement propre ou mieux de la gaze stérile pour compresser la plaie. Gardez la pression pendant ½ heure.
* Après une demi-heure, changez de tissu. Enroulez une bande élastique autour de la blessure et gardez tout cela bien en place. Attention à ne pas trop serrer
* Evitez de bouger la blessure pendant 24h. Après, faites des gestes très doux.
* Après 24h, utilisez des strips comme cela est décrit dans “ coupures peu profondes ”. Attention, une plaie peut nécessiter des points de suture pour se refermer. C'est le cas où, malgré les strips, lors de mouvements, la coupure se réouvre. Vous devez alors aller le plus vite possible chez un médecin pour qu'il vous pose les points. Si vous avez le moindre doute, n'hésitez pas à aller consulter. Une section d'un tendon non opérée dans les plus brefs délais peut entraîner une perte de mouvement définitive.
* Gardez les strips pendant 4 à 5 jours et essayez de ne pas mouiller la plaie. Recouvrez d'un bandage élastique pendant au moins 7 à 10 jours. Attention à ne pas trop serrer ! A la moindre sensation de "fourmillements", desserrez immédiatement le bandage.
* Après 4 à 5 jours, changez régulièrement les strips. Attention, lors du changement des strips, retirez-les délicatement pour ne pas rouvrir la plaie. Utilisez les strips pendant au moins deux semaines, davantage si besoin est. Quand vous arrêtez de les utiliser la plaie doit être devenue une fine cicatrice violacée.
* Après la première semaine, n’oubliez pas de masser la peau autour de la blessure pour éviter que la cicatrice ne soit trop dure.
* Encore une fois, si à tout moment la plaie paraît s’infecter, aller consulter un médecin. Une infection n’est pas une partie de plaisir.
* Protégez la blessure aussi longtemps qu’il le faut. Dès que la cicatrisation est terminée, massez délicatement la cicatrice pour qu’elle soit souple et pas trop étendue.

Coupures très profondes

Beaucoup de sang. Petits morceaux de graisse qui flottent dans le sang (cela ressemble à des petits grains de semoule gonflés d’environ 5 mm).
* Lavez-vous les mains.
* Utilisez un vêtement propre ou mieux de la gaze stérile pour compresser la plaie. Maintenez fortement la pression pendant ½ heure. Dès que le sang a trempé le tissu, changez-en.
* Si, après ½ heure, vous perdez toujours beaucoup de sang, allez à l’hôpital. Par “ beaucoup ”, nous entendons plus qu’un tout petit peu dans le fond, comme un suintement.
* Si le sang s’est arrêté de couler ou ne coule pratiquement plus, prenez un nouveau tissu et maintenez fermement pendant une autre demi-heure.
* Après cette seconde ½ heure, retirez le tissu doucement et regardez la plaie avec beaucoup d’attention. Si vous voyez le moindre os, tendons ou muscles ou bien si vous avez le moindre doute, allez à l’hôpital.
* Si la plaie n’est pas moche, couvrez la avec de la gaze stérile et protégez la bien pendant 24h.
* Après un jour, retirez le pansement. Utilisez des strips et ne lésinez pas sur la quantité. Mettez une compresse de gaze sur la coupure puis enroulez une bande élastique, pas trop serrée, tout autour comme expliqué dans les "coupures profondes".
* Evitez de mouiller la plaie. Surveillez le pansement tous les jours mais laissez les strips 4 à 5 jours avant de les changer.
* Essayer de ne pas trop solliciter la zone blessée pendant une semaine ou deux. Après, bougez-la avec précautions.
* Utilisez les strips pendant au moins deux semaines, voir trois.
* Gardez la bande pendant au moins deux semaines. Après cela, si la blessure est cicatrisée, vous pouvez la retirer.
* Si la blessure ne semble pas cicatriser, si vous avez mal ou bien si quelque chose ne vous semble pas normal, allez voir un médecin. Il est possible qu'une infection se soit installée ou pire, que vous ayez endommagé un tendon, un nerf ou un muscle.

la marche à suivre et très bien pensée. Néanmoins il faut savoir qu'il ne faut jamais mettre de l'alcool sur une coupure. L'alccol brule la chair au niveau de la coupure, ce qui provoque un allongement du temps de cicatrisation. Le deuxième effet néfaste c'est les cicatrices, en effet l'alcool fait de laides cicatrices

Pour ce qui est des coupures profondes ou très profondes, il faut les faire voir par un médecin (généralement un Chirurgien du service des urgences). Qui suturera la plaie (mettre des fils). Il y a un delais de 6 heures, passé ce temps la plaie ne peut plus etre suturée. Il est aussi important de savoir qu'il ne faut pas mettre de l'isobétadine car sa couleur foncée empechera notre bon docteur de voir la plaie exactement.

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11 octobre 2005

Article sur l'automutilation ... merci laure !!!

voici un petit article tiré du site ********* que je trouve intéressant et qui redonnera peut être de l'espoir a quelqu'un

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« L’automutilation est une forme particulière de lutte contre la mal de vivre, analyse David Le Breton. En s’infligeant une douleur incontrôlée, l’individu lutte contre une souffrance infiniment plus lourde. Ce n’est nullement une volonté de mourir mais, à l’inverse, une volonté de vivre. Il s’agit de payer le prix de la souffrance pour essayer de s’en extirper. L’atteinte corporelle est une forme de contrôle de soi pour celui ou celle qui a perdu le choix des moyens et ne dispose pas d’autres ressources pour se maintenir au monde. Elle est une forme d’auto-guérison. » Contrairement aux tentatives de suicide, l’automutilation n’est pas un geste destiné à en finir avec la souffrance mais à s’en sortir.

Phosphore : Quel sens donner à ces actes de scarification et d'incision de sa propre peau?
David Le Breton : Une première signification est de couper court à une souffrance intense, dévorante. On provoque de la douleur physique pour lutter contre la souffrance morale. Là, vous y mettez "un cran d'arrêt" en matérialisant votre désarroi par une plaie.
Il peut être aussi question de purification, une signification que l'on rencontre chez des victimes de sévices sexuels. Le sang qui coule matérialise le souhait d'évacuer une souillure personnelle. Les actes de scarification sont toujours un moyen de se prouver que l'on existe, que l'on reste maître de son corps, surtout quand on est sous l'emprise d'un chaos intérieur. Ils donnent l'impression que l'on s'arrache de ce chaos en se déchirant à l'extérieur.

Ces actes concernent plus les filles que les garçons. Pourquoi?
Chez les garçons, l'incision est plutôt une affirmation de virilité et une démonstration de force de caractère... Ils vont alors davantage rechercher des témoins. Les filles, elles, sont plus dans l'intériorisation de leur souffrance. Ce sont des coupures silencieuses, dans le secret, discrètes, elles ne vont en parler à personne. Ca ne se voit pas car le visage est le lieu sacré de notre identité personnelle. L'atteinte au visage est alors le signe du basculement vers la folie et la psychose. Un signal de non-retour vers le monde ordinaire.

Je pense que le meilleur moyen d'aider les personnes qui s'automutilent est de les écouter sans les juger. Il est souvent très difficile d'essayer de comprendre pourquoi une personne cherche à se blesser délibérément. S'il s'agit d'une personne à laquelle vous tenez, cela peut être très angoissant et frustrant et cela est alors une bonne idée que d'aller chercher vous-même de l'aide auprès d'autres personnes.

Il existe des ressources en ligne pour ceux qui ont des amis ou des proches qui s'automutilent, auprès desquelles vous pourrez trouvez du soutien, mais voici déjà quelques moyens simples qui vous permettront d'apporter un peu d'aide.

Si quelqu'un vous dit qu'il s'automutile, c'est parce qu'il a une très grande confiance en vous! C'est souvent le plus grand pas que l'on puisse faire, car nous ne sommes pas fiers de nous blesser et nous développons en général beaucoup d'énergie pour le cacher. Vous ne mesurez certainement pas à quel point cela a été un soulagement pour cette personne qui a enfin réussi à en parler. Vous pouvez donc déjà estimer que vous l'avez beaucoup aidée. Vous avez également pris le temps et la peine de venir sur ce site pour comprendre et apprendre, ce qui est une très bonne chose. Cela prouve que vous êtes attentionné et c'est vraiment la base du soutien que vous pouvez apporter.

Il est très important de ne pas se rendre malade parce que vous ne comprenez pas pourquoi une personne s'automutile. Cette personne est la même que celle que vous connaissiez avant de découvrir qu'elle se blessait et il ne faut pas chercher à bannir cet aspect de sa personnalité pour continuer à l'aimer.

Les personnes qui s'automutilent ont souvent peur que ceux qui les découvrent les désavouent et ils ont peur d'être rejetés s'ils n'arrêtent pas immédiatement. Ceci est d'ailleurs totalement irréaliste car l'automutilation est souvent une pratique additive. Ce ne sont pas des personnes qui veulent se blesser, mais plutôt qui en ont ressenti le besoin pour une raison quelconque et ils auraient sans doute préféré arrêter plutôt que d'avoir à avouer cela à quelqu'un. Effrayer une personne qui s'automutile aura pour conséquence de l'isoler davantage et probablement de mettre un terme à ses confidences.

Si vous avez appris 'par accident' qu'un de vos proches ou amis s'automutile, la pire chose que vous puissiez faire est de le harceler avec ça! S'il veulent en discuter avec vous, ils le feront d'eux-mêmes au moment de leur choix. Si vous les submergez de questions, vous risquez de les conforter dans l'idée qu'ils ont probablement déjà, d'être étrange et seul. L'automutilation est un acte personnel et forcer une personne à en discuter avec vous est vécu comme une intrusion dans son domaine privé, de la même manière qu'il y des choses qui vous sont personnelles et dont vous ne souhaitez pas vous-même discuter avec les autres. Soyez bien clair sur le fait que vous êtes là pour écouter sans juger mais surtout ne vous montrez pas indiscret et trop curieux car vous risqueriez de les bloquer encore plus!

Il peut être tentant de conduire la personne qui s'automutile vers un médecin, un psychiatre, ou un hopital psychiatrique, mais cela est très rarement la bonne réponse. Les gens ont tendance à croire que le monde médical peut instantanément tout guérir mais ce n'est pas le cas. Si la personne veut consulter un psychiatre, alors, très bien mais ne la forcez jamais car il est certain qu'une thérapie dans ces conditions est totalement impossible.

J'ai rencontré beaucoup de jeunes qui ont été poussés à entreprendre une thérapie par leurs parents lorsqu'ils ont découvert leur comportement, mais le résultat a été d'engendrer le ressentiment, la colère et la peur. Croyez-moi, il est déjà très difficile de faire part de ce que l'on ressent à un parfait étranger lorsqu'on a soi-même choisit de le faire, alors cela devient impossible si on n'a pas eu le choix. Les psychiatriques et les médicaments n'obtiennent que peu de résultats dans le traitement de l'automutilation. Donc si vous pensez que ce genre de choses peut aider votre ami ou votre proche et si vous pensez que c'est 'pour son bien', s'il vous plait, reconsidérez la question et demandez lui plutôt ce qu'il aimerait que vous fassiez pour lui.

Posté par colombes à 16:53 - les automutilations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Qu'est-ce que l'automutilation ?

L'automutilation consiste à se blesser soi-même volontairement sans intention de se donner la mort. C'est une manière de s'échapper d'un moment émotionnellement difficile. Cette méthode aide certaines personnes à se sentir temporairement mieux parce qu'elles ont un moyen d'exprimer physiquement la souffrance qu'elles ont en elles et ainsi de relâcher la tension qu'elles éprouvent. En d'autres termes, les personnes qui s'automutilent produisent des changements chimiques dans leur corps qui les conduisent à se sentir mieux et plus détendues. Cinq points permettent d'identifier et de définir l'automutilation :
* L'automutilation est une blessure que l'on s'inflige à soi-même.
* L'automutilation est uniquement pratiquée par soi-même. Si quelqu'un vous fait quelque chose qui vous fait mal, cela n'est pas de l'automutilation.
* Un acte d'automutilation doit comporter de la violence physique. Se punir émotionnellement (se traiter de moins que rien, penser qu'on est stupide, etc.) n'est pas de l'automutilation.
* Un acte d'automutilation n'est pas fait avec l'intention de se donner la mort. Les gens qui s'ouvrent les veines pour se tuer ne s'automutilent pas, même s'ils se blessent.
* L'automutilation est faite intentionnellement, non accidentellement. Mais c'est bien dans l'intention de se faire mal.

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Comment l'automutilation apparaît-elle?


L'origine de l'automutilation est difficile à déterminer ou à comprendre. La plupart des gens sont incapables de se souvenir où ils ont eu l'idée de se blesser pour la première fois, ni même quand ils ont commencé à s'automutiler. Mais quelques personnes s'automutilent suite à un 'apprentissage visuel' (processus dans lequel une personne apprend un comportement en regardant quelqu'un d'autre le faire). Les chances pour qu'une personne en voit une autre s'automutiler sont très faibles, mais dans des lieux tels que des hôpitaux psychiatriques ou des prisons, les probabilités augmentent. Cependant cela reste très minoritaire.


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Comment évolue l'automutilation?

Les gens qui s'automutilent commencent généralement par se couper avec un couteau, une lame de rasoir ou tout objet tranchant. A partir de là, certaines personnes essayent d'autres formes d'automutilation comme se brûler, se frapper, etc. jusqu'à ce qu'ils trouvent leur méthode préférée.

La pratique de l'automutilation atteint généralement son paroxysme entre 20 et 25 ans. C'est souvent la période où de grands changements surviennent dans la vie, et où de nouvelles responsabilités ainsi que de nouveaux rôles produisent un grand stress chez l'individu. Souvent, la pratique de l'automutilation décroît avec l'âge et la plupart des gens arrêtent lorsqu'ils atteignent la trentaine.

Mais n'oubliez pas : cela est l'évolution typique de l'automutilation. Certaines personnes commencent à s'automutiler très jeunes et d'autres beaucoup plus tard. D'autres continuent de s'automutiler après avoir atteint la trentaine. L'expérience de chacun est différente.


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Que représentent les rituels dans l'automutilation?


L'automutilation suit souvent une procédure rituelle. Une procédure rituelle est un moyen de faire quelque chose, dans ce cas l'automutilation, qui suit un certain schéma ou bien qui peut être considéré comme étant un cérémonial.

L'automutilation peut être rituelle dans son environnement, ses instruments (rasoir, briquet, etc.), et/ou ses procédures.

Beaucoup de personnes ne s'automutileront pas si elles ne peuvent pas effectuer leur rituel et peuvent même organiser leur vie pour pouvoir le respecter. Mais certains types d'automutilation sont moins sujets à suivre des procédures rituelles. C'est le cas lorsque vous vous arrachez les cheveux ou bien lorsque vous vous frappez, etc. Ces types d'automutilation sont possibles sans l'usage d'objets (couteaux, rasoirs, allumettes, etc.). Ils peuvent, par conséquent, être effectués sans beaucoup de planification ni de réflexion.

L'environnement

Certaines personnes se font mal uniquement dans des lieux bien précis. Pour la majorité des personnes, il s'agit de la maison car cela offre l'intimité et la solitude. Et puis, les sentiments d'isolement et de solitude qui précèdent souvent un acte d'automutilation arrivent plus naturellement lorsque l'on est seul. Cela explique que l'automutilation est le plus souvent pratiquée chez soi.
Vous avez certainement un endroit spécifique dans la maison ou vous pratiquez l'automutilation : une chambre, la salle de bains... Il se peut également que vous 'décoriez' cet endroit de différentes manières : en ajoutant des bougies, en fermant les rideaux, etc. Vous avez peut-être même un moment particulier de la journée que vous choisissez pour vous faire mal. Beaucoup de personnes s'automutilent le soir, parce qu'ils ont le plus de chance d'être seuls, leurs autres techniques ayant échoué ou n'étant plus assez efficaces.
Parce que l'automutilation fait souvent ressurgir de précédents abus; si vous avez été abusé dans votre passé (particulièrement, si vous avez été abusé de manière régulière) vous pouvez vous engager dans des actes d'automutilation à la même heure du jour, au même jour de la semaine ou à la même période de l'année que l'abus que vous avez subi.

Les instruments

Il se peut également que vous utilisiez des objets particuliers lorsque vous vous faites du mal. Beaucoup de personnes n'utilisent qu'un seul objet particulier pour se faire mal. Ils n'en utiliseront aucun autre, même si leurs effets peuvent être les mêmes.


La procédure


Beaucoup de personnes suivent des rituels lorsqu'elles se font mal. Préparer l'environnement, aller chercher les instruments puis s'engager dans une activité précédant l'acte constituent des éléments importants de ce rituel. Vous pouvez même trouver les rituels que vous effectuez comme étant aussi apaisant et satisfaisant que l'acte d'automutilation en lui-même. Ou bien peut-être avez-vous besoin de ces rituels avant de commencer à vous faire du mal. La nature exacte de ce rituel est probablement très personnelle et unique.
Il y a souvent des rituels qui suivent l'automutilation. Vous pouvez faire un bandage ou bien soigner la blessure de la même manière à chaque fois que vous vous automutilez. Vous pouvez également appliquer une pommade ou un désinfectant après vous être fait mal ou bien encore prendre un bain, peut-être même faire une photo ou pourquoi pas consigner l'évènement dans un journal.

Est-ce que l'automutilation est impulsive?

La question de l'impulsivité de votre automutilation est importante. Les actes d'automutilation impulsifs sont les plus difficiles à contrôler. D'un autre coté, les actes d'automutilation planifiés et prémédités sont plus faciles à gérer et à contrôler. Il vous sera alors plus facile de contrôler les comportements d'automutilation qui ne sont pas impulsifs.
Le degré d'impulsivité lié à l'automutilation est en général difficile à déterminer. Les chercheurs qui ont étudié ces phénomènes, ont présenté des résultats contradictoires, trouvant que l'automutilation était parfois liée à l'impulsivité et parfois non. Il apparaît que l'automutilation et l'impulsivité ont une relation complexe, variable et imprévisible.
Parfois cela peut dépendre de la situation. Dans certaines situations vous pouvez ressentir l'urgence de vous faire mal, mais vous vous trouvez dans une situation où cela ne serait pas prudent de le faire. Dans ce cas, il se peut que vous reportiez votre acte à plus tard. C'est donc planifié. Mais si vous vous étiez automutilé au moment où vous en ressentiez le besoin, cela aurait été considéré comme impulsif.
Le degré d'impulsivité dans l'automutilation est également partiellement dépendant du type d'automutilation. Certains types d'automutilation, comme se frapper, s'arracher les cheveux, etc. ne nécessitent pas de préparation et peuvent être effectués sans même attirer l'attention. Vous pouvez même ne pas être conscient que vous vous faites du mal. Et parce que ces types d'automutilation ne nécessitent pas de préparation, ils ont tendance à être plus impulsifs que d'autres qui ont besoin de plus de planification et de préméditation.
De plus, les rituels associés à l'automutilation suggèrent que ce comportement requière plus de préméditation que les chercheurs le pensaient à l'origine. Et vous pouvez décider de ne pas vous faire mal si vous n'êtes pas dans le bon environnement ou bien si vous n'avez pas les bons instruments. Ainsi, vous pouvez projeter de vous faire mal plus tard.
Comme beaucoup de mécanismes exutoires, l'automutilation apparaît quand une personne en a besoin, et cela peut arriver sans que cela ne soit prévu. Si vous ressentez le besoin de vous faire mal et que rien ne peut vous arrêter, vous vous ferez probablement mal. Et parfois, vous pourrez vous trouver dans une situation où il n'est pas prudent de le faire (école, travail, etc.), mais être incapable de contrôler vos pulsions d'automutilation. Parfois votre besoin d'évacuer cette tension est plus fort que votre besoin de secret et d'intimité.
Comme vous le voyez, plusieurs facteurs déterminent le rôle de l'impulsivité dans l'automutilation. Il n'est donc pas étonnant d'entendre des résultats de recherche contradictoires. Mais, on peut dire que l'impulsivité est fonction de la personne et de la situation.

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Quels rapports existe t'il entre les pensées et l'automutilation?


Vous pouvez ne pas être conscient de cela, mais la plupart du temps vos pensées suivent un cycle lié au cheminement de l'automutilation.

Les pensées avant l'automutilation

Il se passe beaucoup de choses dans vos pensées avant que vous ne vous fassiez mal. Vous avez probablement conscience de certaines de ces pensées comme : le moyen que vous allez utiliser, où vous allez le faire ou bien même, de vous demander si finalement, vous allez vous faire mal. Cependant, vous avez sûrement beaucoup d'autres pensées dont vous n'êtes peut-être pas conscient. Ces pensées sont souvent les premières sources de motivation pour vous faire mal. Par conséquent si vous souhaitez modifier vos comportements vous devrez identifier et comprendre vos pensées avant de vous mutiler.
Les pensées que vous pouvez avoir avant de vous faire mal :
- Je me déteste
- Je suis si laid
- Je déteste tout le monde
- Je veux que quelqu'un prenne soin de moi
- La vie est ennuyeuse
- Je suis stupide
Parfois, vos pensées surviennent suite à des événements identifiables. Par exemple, vous avez eu de mauvais résultats scolaires et vous pensez que vous êtes un mauvais étudiant. Mais à d'autres moments, vos pensées ne vont pas être aussi simples à identifier et seront plus compliquées. Par exemple, vous pouvez penser que vous êtes stupide ou laid sans être capable de dire ni où ni comment vous avez eu l'idée de ces pensées.
L'origine de ces pensées est pour la plupart d'origine négative. Avant que vous ne vous automutiliez, vous pensiez probablement à vous-même et au monde de manière pessimiste. Ces pensées négatives sont celles qui engendrent votre désir de vous faire du mal.
Certaines personnes utilisent l'automutilation pour contrôler leurs pensées (et leurs émotions) négatives. Lorsqu'il vous arrive d'avoir des pensées négatives et destructrices, vous avez probablement envie que cela s'arrête. L'automutilation est un acte sur lequel vous pouvez vous focaliser. Au lieu de penser "je suis nul", vous pensez "je vais me faire mal". Et une fois que vous commencez à vous concentrer sur le fait que vous aller vous faire mal, vous mettez de coté les pensées à l'origine de votre désir de vous automutiler. Bien que, l'automutilation soit une méthode qui peut vous aider à contrôler vos pensées et à évacuer les pensées négatives, il y a d'autres options.

Les pensées pendant l'automutilation

Comme cela a été mentionné précédemment, beaucoup de personnes entrent en dissociation avant de se faire mal. Dans cet état, elles peuvent se sentir détachées d'elles-mêmes ou bien comme si elles flottaient, et même comme si elles se regardaient elles-mêmes. Un des rôles de la dissociation est de rendre le corps insensible à la douleur. Et c'est pourquoi vous ne ressentez plus beaucoup de douleur lorsque vous vous faites mal. La dissociation peut être utile en un sens et avoir des effets négatifs dans l'autre. Cela peut vous rendre très difficile d'être conscient de ce que vous pensez exactement lorsque vous passez à l'acte. Mais c'est également à ce moment, que vos pensées sont les plus irrationnelles et destructrices.
Les pensées que vous pouvez avoir juste avant de vous blesser ou bien pendant l'acte :
* J'ai besoin de me faire mal
* Juste encore une (coupure, brûlure, etc.) et cela ira
* C'est la seule manière pour que je me sente mieux.
Chacune de ces pensées est illogique, mais au moment où vous vous blessez elle semble véritablement avoir un sens.

Les pensées après l'automutilation

Après s'être blessé, beaucoup de personnes disent qu'elles sont incapables de rassembler leurs pensées. Pour beaucoup d'entre elles, le processus physiologique associé à l'automutilation conduit leurs pensées à être désorganisées et éparpillées. Mais, un petit moment après s'être blessées, elles deviennent à nouveau conscientes de leurs pensées. Leurs pensées à cet instant suivent en général trois thèmes principaux : honte, culpabilité et soulagement.
* Je ne peux pas croire que je me suis fait ça (coupure, brûlure, etc.) à nouveau
* Je suis si stupide et faible pour me blesser moi-même.
* Je ne vais le dire à personne, ils ne comprendraient pas
* Lorsque je me fais mal, je me sens mieux.
Il est difficile d'échapper à ces pensées de culpabilité et de honte, mais elles sont négatives. Et ce sont probablement des pensées et des sentiments négatifs qui font partie des raisons pour lesquelles vous vous blessez. Le fait de vous laissez aller à ces pensées, risque de vous conduire à vous blesser à nouveau. Vous devriez plutôt essayer d'arrêter ou bien de penser à autre chose.

Quels rapports existe t'il entre les émotions et l'automutilation?


De manière assez similaire aux pensées, les émotions, pendant l'acte d'automutilation, suivent également un modèle prévisible. Il est certain que tout le monde ne ressent pas ces émotions, mais la plupart en rencontre certaines. Vous pouvez ne pas être conscient de ce que vous ressentez aux différentes étapes de votre acte.

Les émotions avant l'automutilation


Avant de s'automutiler, la plupart des gens ressent de forts sentiments négatifs qui sont irrésistibles et intolérables. Tandis que la source de ces sentiments peut varier, les émotions suivent généralement plusieurs catégories, cependant similaires : la colère et la frustration, l'aliénation et la dépression.
Généralement, les gens se sentent en colère et frustrés lorsqu'ils ne peuvent pas satisfaire un désir, mais ces sentiments peuvent également venir d'un tas d'autres situations. Donc, la frustration peut venir d'une incapacité à satisfaire une grande variété de demandes et de souhaits. Les sources de frustration sont trop nombreuses à énumérer et chaque acte d'automutilation peut être relié à des sources différentes d'émotion.
La colère est une émotion similaire à la frustration par certains cotés mais vient généralement d'un sentiment d'hostilité. Contrairement à la frustration, la colère est souvent causée par des interactions avec les autres (parole, etc..) qui ne se sont pas déroulées comme prévu. Et cette colère est souvent dirigée contre une seule personne. Ainsi, la colère peut être une réponse à un traitement que vous jugez injuste de la part des autres. La colère et la frustration peuvent parfois être des sentiments très utiles mais ils peuvent aussi être destructeurs et dangereux s'ils ne sont pas gérés correctement. Les sentiments ou les émotions qui ne sont pas libérés ou modifiés peuvent avoir des cotés négatifs. Il a été observé que l'hostilité peut avoir une influence dans les crises cardiaques.
L'aliénation est la seconde émotion qu'une personne ressent souvent avant de se faire mal. Le sentiment d'aliénation, de solitude et d'isolement peut venir d'un grand nombre d'événements (rejet, abandon, mauvais traitement, séparation, etc.). Les sentiments de déconnexion sont très communs avant un acte d'automutilation. Et parce l'automutilation est généralement pratiquée dans l'isolement, ces sentiments d'isolement et de déconnexion (séparation?) sont souvent augmentés. Il est difficile de ne pas se sentir isolé ou déconnecté si vous vous êtes vous-même reclus.
Ainsi, vous avez probablement remarqué qu'après vous être blessé, vous continuez à vous isoler des autres. Vous pouvez pratiquer cet isolement de manière physique (en restant à l'écart des autres personnes) ou bien mentale (en cachant votre automutilation ou bien comment vous vous sentez). Par conséquent, l'aliénation, la déconnexion et l'isolement sont des sentiments qui surviennent souvent aussi bien après l'acte d'automutilation, qu'avant.
La dépression est le troisième sentiment qui précède souvent un acte d'automutilation. Les sentiments de tristesse, de mal-être ou de mélancolie sont souvent présents avant qu'une personne ne se fasse mal. Les gens ressentent la dépression de plusieurs manières : un sentiment d'ennui ou bien de vide ou encore d'insatisfaction de leur vie. Mais peut importe comment elles sont ressenties, ces émotions produisent souvent des sensations d'inutilité et de désespoir.
Ces trois sentiments de colère, d'aliénation, et de dépression peuvent se combiner pour former un environnement émotionnel idéal pour un acte d'automutilation. Si vous vous sentez frustré, isolé, désespéré, vous pouvez penser à vous faire du mal pour échapper à ces sentiments irrésistibles. Il y a aussi une grande tension qui est issue de l'interaction de ces sentiments et qui peut vous conduire à vous blesser davantage. Il est possible de modifier ou bien de diminuer l'état de ces émotions, mais la plupart des personnes qui s'automutilent ne savent pas comment faire sans se faire mal.

Les stades émotionnels pendant l'automutilation
Durant l'acte d'automutilation, il peut être difficile d'identifier votre état émotionnel. Comme cela a été dit précédemment, une des buts de l'automutilation est de modifier ou bien masquer des sensations qui sont irrésistibles. Parce que l'automutilation y parvient, la plupart des gens sont incapables d'identifier leurs émotions durant le passage à l'acte.
Beaucoup de personnes se dissocient également pendant qu'elles se blessent. La dissociation peut être à la fois un état émotionnel ou bien un état physique. Ainsi, pendant la dissociation, votre niveau de conscience change, ce qui peut modifier ou bien obscurcir votre mémoire et rendre vos sensations plus difficiles à identifier. De plus, la libération d'endorphines (neurotransmetteurs qui aident à bloquer la sensation de souffrance) qui survient en réponse à l'automutilation masque également ces sentiments.

Les émotions après l'automutilation

Après un acte d'automutilation, la plupart des personnes passent par deux stades d'émotions. Le premier est un grand sentiment de soulagement. Le fait de vous blesser a permis d'évacuer une grande quantité de la tension que vous ressentiez. Ainsi, vous pouvez vous sentir calme et heureux, ce qui est produit par la libération d'endorphines. Ces sensations peuvent durer un petit moment. Grâce à cela, juste après vous être blessé, vous pouvez vous sentir particulièrement bien. Ces sensations agréables sont probablement une des raisons pour lesquelles on devient dépendant à l'automutilation. Beaucoup de personnes aimeraient se sentir de cette manière plus souvent. Mais la plupart ne vont pas aussi loin que ceux qui s'automutilent. Le second état émotionnel est celui dans lequel, la plupart des gens se sentent coupables, éprouvent du regret et de la honte et retrouvent les émotions qu'ils avaient avant de se blesser. Cela se produit souvent après que la sensation de bien-être se soit estompée. Quand vous atteignez ce stade, vous pouvez même vous sentir plus mal qu'avant votre passage à l'acte. Vous pouvez même vous sentir si mal, que vous souhaitez vous faire mal à nouveau. C'est précisément cet enchaînement d'émotions qui conduit au schéma cyclique de l'automutilation.

Qui s'automutile?


Sexe
Les hommes et les femmes sont tous deux concernés par l’automutilation. Le plus souvent, ce souvent les femmes que l’on rencontre en thérapie ou bien en hôpitaux psychiatriques, alors que l’on voit beaucoup d’hommes qui s’automutilent en prison.

Age
L’automutilation commence souvent à l’adolescence, pour devenir très présente pendant la vingtaine et disparaître à la trentaine.

Abus de substances

On trouve souvent chez les personnes qui s’automutilent un passé d’usage de drogues et d’alcool. En effet, les drogues sont perçues comme d’autres méthodes pour atténuer temporairement la souffrance morale. Mais, les gens sont rarement sous l’influence de l’alcool ou de la drogue lorsqu’ils se blessent.

Troubles alimentaires

Les troubles alimentaires, comme la boulimie ou l’anorexie, sont assez fréquents chez les personnes qui se blessent. Comme l’automutilation, les troubles alimentaires ont souvent les mêmes effets psychologiques. Parfois, l’automutilation et les troubles alimentaires ont lieu simultanément.

Un passé d’abusé

La plupart des personnes qui se blessent ont été victimes d’abus physiques, sexuels ou psychologiques. Mais cela ne signifie pas que toutes les personnes qui s’automutilent ont été abusées, ou bien que chaque personne abusée développera un comportement d’automutilation.

Prise en charge thérapeutique

Beaucoup de personnes qui s’automutilent tentent une thérapie pour connaître les raisons de leurs comportements. Mais pour la plupart de ces personnes les thérapies ne fonctionnent pas pour différentes raisons.
Tout d’abord parce qu’il arrive encore que certains psychologues ignorent l’automutilation par manque d’expérience, par ignorance, voir un sentiment de dégoût. Le sujet de l’automutilation est rarement abordé. D’autre part, les professionnels de la santé mentale interrogent rarement leur patient sur l’automutilation. Cela implique que c’est à la personne qui se blesse de mentionner elle-même ce comportement. A cause de la honte et de la culpabilité que ressentent les personnes concernées, il est très rare qu’elles révèlent d’elle-même qu’elles se blessent.
Ensuite, les réactions et les stratégies des psy dans les cas d’automutilation sont souvent désastreuses pour les personnes. Il arrive qu’ils demandent à la personne d’arrêter de se blesser ou bien les envoient en hôpital psychiatrique


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Différentes façons de se faire du mal


Il y a trois sortes….psychotique, physique ou typique.

Psychotique

Ce genre d'automutilation comprend l'ablation ou la mutilation de certaines parties du corps, comme les yeux, les membres et les organes génitaux. Ces actes sont généralement provoqués par des hallucinations visuelles ou auditives. C’est une automutilation très grave et facilement reconnaissable.

Physique

L'automutilation physique vient en général de problèmes autistiques, d'incapacité de développement et d'autres problèmes d'ordre psychologique. Cette forme d'automutilation est toujours provoquée par des problèmes physiques ou chimiques du corps. Elle inclut se taper la tête ou se mordre les lèvres.

Typique

Elle est provoquée par des raisons émotives ou psychologiques, d'ordre non psychotique (entendre des voix, voir des choses qui n'existent pas, illusions) ni d'ordre physique. La plupart des cas d'automutilation sont typiques. Ce genre d'automutilation aide à se sentir mieux et à faire face à sa vie.
Les différentes façons dont les gens se font mal sont les suivantes :

Se couper

C'est la façon la plus courante. Faite en général avec un couteau, un rasoir, un morceau de verre ou un objet tranchant. La plupart des coupures sont faites sur les bras, les jambes, les poignets ou la poitrine, mais certains se coupent sur d'autres parties du corps, ventre, visage, cou, seins et organes génitaux. Se couper aux bras ou aux poignets est le plus courant car les excuses sont plus plausibles (par exemple, on peut dire qu'on s'est blessé en faisant la cuisine).

Se brûler

Aussi une façon courante de se faire mal. Faite en général avec une cigarette, un briquet, des allumettes, les plaques de la cuisinière, des objets chauffés (fers ou récipients chauds) ou des objets brûlants. Parfois, on utilise des liquides inflammables, tels essence, propane, alcool ou essence à briquets. Comme la coupure, la brûlure est souvent faite sur les bras, les jambes, les poignets ou la poitrine.

Interférence avec le soin d'une blessure

Souvent on interfère inconsciemment avec le soin d'une blessure, mais c'est considéré comme automutilation quand cette interférence est faite délibérément. Ca peut inclure, retirer des points avant terme, mettre des aiguilles dans la blessure, ou faire d'autres choses qui empêchent la guérison.

Se taper

Se taper avec les poings est une autre façon de se faire mal. Généralement on se tape sur la tête ou les cuisses. Bien que ça n'est pas l'air aussi sérieux que se couper ou se brûler, c'est fait pour les mêmes raisons et dans le même but.

Se ronger les ongles

Beaucoup de personnes se rongent les ongles, mais quand c'est fait dans le but de se faire mal, c'est fait de façon plus intense et plus fréquente. Ca peut aller jusqu'à endommager les ongles et des cuticules. Certains se rongent les ongles à sang.

Se gratter

Chose fréquente parmi la plupart des gens, se gratter peut également devenir une façon de se faire mal. Ceux qui le font dans ce but, le font de façon plus intense, plus fréquente et plus continue. Les parties de la peau deviennent à vif et peuvent saigner. Souvent fait avec les ongles, il arrive qu'on utilise également un objet tranchant ou semi tranchant, genre couteau, peigne ou crayon. C'est parfois fait inconsciemment.

S'arracher les cheveux

Trichotillomania…l'arrachage excessif et fréquent des ses cheveux résultant dans une perte conséquente des cheveux" est la seule forme d'automutilation reconnue comme un problème psycholoqique par le "diagnostic and statistical manual of mental disorders". Les cheveux ou les poils sont arrachés du scalp, des sourcils, de la barbe, mais peuvent également être arrachés de n'importe quelle partie du corps. Les endroits dénudés sont généralement cachés par un chapeau, un pansement ou des lunettes de soleil.

Se casser les os

C'est une façon plus rare de se faire mal, mais c'est aussi très sérieux et très grave. On se casse les os en général avec un marteau, une brique ou un objet lourd. Parfois, les gens se jettent contre des murs ou des portes.

Autres façons
Il y a d'autres façons de se faire mal mais nous avons parlé ici des plus courantes.

site: http://jery-talili-flee.forumactif.com/index.forum

Posté par colombes à 16:52 - les automutilations - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ces femmes qui se font du mal

bras_...(Etats-Unis) Au cutter, à la lame, à la flamme... elles sont des millions d'américaine à s'automutiler. Un phénomène terrible que l'on commence à observer en France. reportage à l'hôpital Edward, près de Chicago, où le programme "safe", aide ces femmes à se réconcilier avec leur corps.

Assise sur le rebord de sa baignoire, une femme se coupe profondément l'entre-jambe avec une lame de rasoir. Elle regarde le sang qui s'écoule sur l'émail blanc et pousse un profond soupir - non pas de douleur, mais de soulagement. C'est probablement en regardant cette scène du film "la Pianiste", de Michael Haneke, avec Isabelle Huppert, que le public français a découvert cette maladie étrange, l'automutilation féminine.
Aux Etats-Unis, où cette affection est beaucoup plus étudiée qu'en France, on estime qu'environ trois millions de femmes - adolescentes ou adultes - s'infligent régulièrement des blessures, superficielles ou profondes : elles s'entaillent avec des lames de rasoir, des couteaux, des capsules de bouteilles, des morceaux de verre, elle s'écorchent en raclant leur peau avec la tranche de leur carte de paiement, elles se frappent, se mordent et se brûlent, elles infectent leurs blessures avec de l'urine ou de l'eau sale, elles se fracturent les os, elles se transpercent avec des aiguilles, elles gravent sur leur corps des mots insultants: "laide", "grosse", "débile" ...
La maladie a pris des proportions telles qu'on l'appelle aujourd'hui "la nouvelle anorexie" et qu'on lui attribue un caractère épidémique. Malgré son ampleur, le phénomène suscite encore incompréhension, erreurs de diagnostics et répulsion. Diana Tracy, chirurgienne américaine qui a longtemps travaillé dans les salles d'urgence, raconte que les femmes qui arrivent à l'hôpital après s'être infligé des blessures sont souvent recousues sans anésthésie, ou alors considérées comme psychotiques et suicidaires, abruties de drogues et bouclées à double tour dans des services fermés.
En 1985, alors que le problème de l'automutilation était encore largement inconnu, deux femmes psychologues, Wendy Lader et Karen Contario, ont décidé d'y consacrer leur énergie et leur imagination. Elles ont créé un programme thérapeutique intitulé Safe, et obtenu l'ouverture d'une unité spécialisée à l'hôpital Edward, dans la banlieur de Chicage. Au fil des années, après avoir été trimbalées de services d'urgence en services psychiatriques, des milliers de blessées volontaires sont venues à Safe pour tenter de comprendre pourquoi elles se martyrisaient et apprendre à ne plus faire.
Comme l'anorexie et la boulimie, l'automutilation est un comportement presque exclusivement féminin, ce qui soulève une question lancinante: pourquoi les femmes maltraitent-elles à ce point leur corps, quelle sombre force les pousse à s'affamer, à se livrer d'une manière parfois délirante aux bistouris des chirurgiens esthétiques, à couvrir leur peau de ciactrices. Bref, pourquoi les femmes se font-elles tant de mal ?
C'est pour tenter de répondre à cette question que nous sommes allées à l'hôpital Edward, dans l'unité qui abrite le programme Safe. L'endroit se compose de quelques chambres à coucher, de salles de réunion, d'un salon doté d'un coin-cuisine où l'on peut trouver des objets tranchants, verres, couteaux et canettes de soda. Dès leur arrivée, les patientes doivent signer un contrat par lequel elles s'engagent à ne pas se blesser, sous peine de renvoi, pendant les trante jours du traitement.
Lorsque nous arrivons, un mardi matin, une douzaine de patientes âgées de 15 à 45 ans sont là. Huit logent sur place, les quatres autres ont loué des chambres dans un motel proche. Entre les séances de thérapie, qui se succèdent à un rythme soutenu, nous nous isolons avec chacune des patientes.

FORFANTERIE MORBIDE

Le réglement intérieur de Safe stipule que les pensionnaires n'ont pas le droit de décrire leur blessures devant les autres. Malgré leur détresse, ces femmes ont tendance à rivaliser dans l'horreur, à parler de leurs stigmates avec la forfanterie héroïque de soldats qui reviennent du front ou de gens qui se complaisent dans la peinture sanguinolante de leurs opérations chirurgicales.
Nous commençons avec Andrea, 42 ans, mariée et mère de deux enfants, sans profession, qui balance entre une douleur qui la rend presque laide et des éclats de gaieté qui révèlent sa beauté. C'est la deuxième fois qu'Andréa vient à Safe. Elle a recommencé a se mutiler après les attaques du 11 septembre. Elle explique qu'elle a passé une partie de sa vie à Beyrouth, pendant la guerre civile, et que la violence inouie des récents attentats l'a replongée dans une angoisse extrême. D'une voix hoquetante de chagrin, elle raconte une enfance d'une horreur insoutenable. Elle était le souffre douleur et le jouet sexuel de toute sa famille. Elle a été sodomisée par son père et ses frères, battue tellement fort par ses parents qu'elle a dû subir de la chirurgie réparatrice. Andrea explique qu'elle est dévorée par la culpabilité, qu'elle se sent responsable des maltraitances qu'elle a endurées, que rien ne lui serait arrivé si elle avait été quelqu'un d'autre, qu'elle est mauvaise. Son ventre est haché par des plaies profondes, dont certaines sont infectées.

A 17 ans Megan à le bras couvert de petits cercles rouges rangés régulièrement, traces de brûlures de cigarette. Une énorme ciactrice témoigne d'une autre brûlure, infligée avec la flamme d'un briquet. Megan a commencé à prendre des bains bouillants à l'âge de 7 ans, après que son père eut quitté sa mère. A 13 ans, elle s'est mise à se couper, en suivant les diractives de sa grande soeur sui se coupait également. Elle a entrepris de se brûler lorsque les coupures ont cessé de la calmer, de la distraire du sentiment d'abandon qui la hante. "Quand j'étais petite dit-elle, j'essayais tout le temps d'être invisible. Dès que je cessais de l'être, dès que j'exprimais quelque chose, ma mère me battait. Pour moi, ouvrir ma peau me permet de sortir ma rage et mon chagrin."

ENFANCE EN RUINE

Pamela, 45 ans, mère d'une fille de 23 ans, est la seule femme noire du groupe. Ses cuissent portent de longues cicatrices boursouflées. "Depuis 15 ans, je me suis tant coupée que ma fille me disait souvent, avec une espèce de lassitude:"Maman essaye de ne pas mettre de sang sur la moquette." Encore une enfance en ruine, des parents alcooliques, une grande soeur qui leur à servi de mère et a fini par lui faire subir des atouchement sexuels. Pamela a une voix très douce. C'est sa peau qui hurle pour elle qui exprime ce qu'elle était incapble de dire avec des mots. "Verser mon sang a toujours été le seul moyen de relâcher une tension explosive, un peu comme une soupape de sécurité dans une Cocotte-Minutte. Quand mon sang coule, j'ai l'impression de recoller avec la réalité, de me sentir à nouveau vivante. Parfois j'ai des sensations d'engourdissement, comme si ma vie s'effaçait. Les blessures me permettent de réveiller mon corps. Le sang qui coule procure une sensation de purification. Il entraîne avec lui tous les poisons, toute la noirceur." On retrouve là une symbolique très profonde du sang sacriciel, de la saignée qui draine les humeurs toxiques. Contrairement à ses camarages, Jill n'a pas eu une enfance violente. Cette femme de 36 ans, exerçant la profession de psychologue (!), mère d'un garçon de 11 ans, a grandi dans une famille bourgeoise où régnaient une ambiance rigide, la façade d'un bonheur formaté et hypocrite. "Tout devaitêtre prfait. Je davsi être parfaitement mince, parfaitement heureuse, parfaitement chrétienne. Je vivais dans la fausseté et le silence. A 20 ans je me suis piquée une variosité avec une aiguille. Ca m'a procuré une sensation de soulagement extraordinaire. Alors je suis allée de plus en plus loin. J'ai pris l'habitude de me tirer du sang avec des seringues hypodermiques, puis j'ai commencé à me plnter des aiguilles longues de 15 cm dans l'abdomen. J'ai été hospitalisée une trentaine de fois à la suite d'abcès gravissimes.
"Au début, j'étais assez fière d'avoir le courage de me faire ça. Je me sentais complètement maîtresse de moi-même. Et puis j'ai perdu le contrôle. Ces 5 dernières années, je me piquais absolument tous les soirs, en m'enfermant dans ma salle de bains avec mes aiguilles. En apparence, j'avais l'air totalement normal, mais mon secret est devenu de plus en plus seule. Ca fait vingt-deux jours que je ne me suis pas blessés, et d'une certaine manière, ça m'angoisse. Je me suis toujoursdéfinie comme une automutilée. Je ne sais plus qui je suis."
Si, exceptée Jill, les pensionnaires de Safe semblent toutes avoir souffert d'une enfance violente, les études cliniques américaines révélent d'autres points communs entre les automutilées: elles sont le plus souvent blanches, élevées dans des milieux relativement aisés, plus intelligente que la moyenne. Elles sont dépressives, ont du mal à nouer des relations avec les autres, à exprimer leurs besoins et leurs émotions. Elles ont une peur panique de l'abandon, sont souvent anorexiques ou boulimiques. Une forte proportion d'entre elles a été agressée sexuellement ou a grandi dans une famille très perturbée.

SCARIFICATION SOLITAIRE

Mais comment se fait-il que toutes ces filles "choisissent" la voie sanglante de l'automutilation et ne deviennent pas "simplement" névrosées... comme tout le monde ? D'après La der et Contario, il y a une dimansion sociologique dans le phénomène de la blessure volontaire: "Depuis l'aube de l'humanité, les êtres humains se marquent, se scarifient, se tatouent, pour exprimer leur appartenance à un groupe, leur statut social, leur accession ritualisée à l'âge adulte. Ce qui était autrefois un acre social est devenu une pratique solitaire. Nous vivons dans un monde de plus en plus centré sur l'individu et sur le corps. On est constamment bombardé de messages contradictoires et mensongers qui affirment que l'on se resentira mieux si l'on modifie son apparence. Les jeunes sont de plus en plus coincés entre survalorisation et haine du corps. L'enlaidissement volontaire de tous ces ados qui arborent "baggy look", cheveux verts et ongles noirs témoigne d'une crainte grandissante de la sexualité. Pas étonnant, dans ce contexte, que l'automutilation progresse comme une péidémie silencieuse."
Mais quelle est la frontière entre le normal et le pathologique ? "On ne peut pas parler d'automutilation morbide chez les femmes qui usent de la chirurgie esthétique d'une manière sensée, ou chez les gens qui se font faire des pîercings parce qu'ils trouvent ça joli. Cela dit, le piercing peut constituer une voie d'entrée dans l'automutilation. Si la personne qui se perce ressent une jouissance qui la pousse à recommencer d'une manière de plus en plus extrème, on entre dans le pathologique. C'est l'aspect addictifs qui est inquiètant. "
Pourquoi les femmes constituent-elles plus de 95 % des gens qui se blessent volontairement ? "Malgré des années de remise en question de la condition féminine traditionnelle, les filles continuent d'être socialisées différemment des garçons. On attend d'elles qu'elle soient douces, et surtout qu'elles soient parfaites. Face à cette exigence de perfection, les femmes retournent leur violence contre elles-m^mes. Les garçons ont davantage tendance à s'attaquer aux autres. Ils se retrouvent en prison alors que les femmes échouent les psys. Et puis il y a le corps: celui de la femme est beaucoup plus "encombrant", infiniment plus exposé aux jugements, à la pression des regards et aux agressions sexuelles que celui des hommes."

IDENTIFIER ET ANALYSER

La thérapie mise au point par Lader et Contario repose sur trois axes: "mettre des motsr la souffrance afin d'éviter le passage direct de l'angoisse à l'action physique; donner des méthodes pour identifier et analyser les implulsions automutilatrices; fournir des alternatives à l'automutilation. Pour l'aspect émotionnel, nous utilisaons les thérapies de groupe et les séances individuelles. pour le contrôle au jour le jour, nous utilisons beaucoup l'écrit: chaque fois qu'elles ressentent le besoin de se blesser, nos patientes sont entraînées à rédiger ce que nous appelons des "logs" - càd à décrire le plus précisemment possible la situation, les pensées et les sentiments qui les agitent au moment où elles éprouvent le besoin de se blesser-, à comprendre ce qu'elles essayent de communiquer au travers de leur peau. L'écriture est un moyen privilégié de prise de distance.
"Après qu'elles ont quitté Safe, nous les encourageons fortement à tenir un journal intime. Nous leur apprenons également à acquérir des réflexes alternatifs: appeler quelqu'un, respirer profondément, écouter un disque, écrire, lire .. n'importe quoi plutôt que de se blesser. D'après le courrier que nous recevons, nous estimons que nous parvenons à guérir 70 % des patientes. C'est d'ailleurs pour ça qu'elles viennent des quatre coins des Etats-Unis, après que toutes les prises en charge traditionnelles ont échoué."
Le deuxième jour, lorsque nous revenons à l'hôpital Edward, il règne une ambiance de drame. Lindsey, une femme de 21 ans qui a commencer à se couper après avoir été victime d'un viol, s'est mutilée la veille au soir dans sa chambre de motel. Elle s'est profondément lacéré le bras avec une lame de rasoir. Elle a passé la nuit aux urgences, où on lui à posé 43 points de suture. Megan aussi a recommencé à se brûler. Les deux pensionnaires seront renvoyées, c'est la règle. Elles auront le droit de revenir dans six mois, lorsqu'elles seront à nouveaux prêtes

"La zone du 30 degré"

Elles font leurs adieux au milieux des sanglots de celles qui sont devenues leurs compagnes de douleur. megan nous apporte des poèmes dont nous lui promettons de citer des extraits: "Je me brûle lentement, profond profond, profond.. Dans les petites bulles blanches qui apparaissent sur ma chaîr brûlée... C'est là qu'est mon plaisir, dans la zone du 3° degré.. Alors satisfaite du calme que je ressens, je retourne à ma vie de tous les jours..."

Lindsey et Megan s'en vont, Maria arrive. 22 ans, longue et fine, elle vient de passer cinq semaines dans un hôpital de Naw York où l'on a "traité" son anorexie en la gavant de nourriture. Révulsée par le poids qu'elle a pris, elle a commencé à se couper. Elle a l'air terrorisé. Amy et Suzan, elles, sont plus confidantes. Amy avait l'habitude de se fracasser la tête contre les tables et les murs. Suzan s'est brisé la main droite, et son bras porte une vilaine cicatrice rouge. Leur séjour à Safe se termine bientôt et elles ont la conviction d'être guéries.
Troisième journée. Encore une nouvelle arrivante, Katherine, qui vient de Floride. Au cours d'une séance de thérapie de groupe, Andrea craque de nouveau. Elle raconte comment son mari, en qui elle avait toute confiance, l'a sodomisée de force. elle revit les viols qu'elle a subis pendant son enfance. Ses larmes déferlent comme des vagues. Pamela, elle, termine son programme aujourd'hui. Elle a peur de rentrer chez elle, en Caroline du Nord, de retrouver sa vrai vie.
Lorsque nous quittons définitivement l'hôpital Edward, au milieu des embrassades, nous nous sentons tellement oppressées que nous allons marcher silencieusement dans un sous-bois, au bord d'une rivière qui coule, transparente et fraîche.
Elisabeth Alexandre

complément de l'article: En France aussi 

Entretien avec le docteur Xavier Pommereau, psychiatre, directeur de l'unité médico-psychologique de l'adolescent au CHU de Bordeaux (centre abadie)

" L'autoblessure - je préfère ce terme - est en très forte augmentation, en particulier chez les jeunes filles. Ce comportement peut annoncer une tentative de suicide. Dans de nombreux cas, les coupures corporelles s'accompagnent d'autres coupures: fugues, prise de somnifères, évasion dans l'ivresse. L'attaque de la peau signale souvent une autre attaque primordiale de l'intégrité corporelle, en particulier un viol.
" On ne doit jamais banaliser une blessure auto-infligée, même superficielle, ce que beaucoup de médecins ont malheureusement trop tendance à faire. Si la souffrance de l'ado n'est pas écoutée par les adultes, on peut dériver vers des blessures de plus en plus en graves. Les brûlures et les plaies infligées au ventre, aux seins ou même au organes génitaux témoignent de traumatismes extrêmement sévères.
"La multiplication des atteintes de l'enveloppe cutanée révèle un monde où les frontières et les limites sont de plus en plus floues. Nous vivons dans une société de "l'incestualité". Les parents du "Loft", qui regardaient la sexualité de leurs enfants au travers du hublot de l'écran, étaient dans un registre incestueux. La confusion entre les générations est de plus en plus grande... La peau ouverte témoigne de cette porosité, de cette absence de cloison étanche entre soi et les autres.
"Le phénomène étant ici plus récent qu'aux Etats-Unis, nous n'avons pas encore des femmes adultes qui se blessent. Mais si l'on n'y prend pas garde, on peut redouter d'y arriver. "

Auteur de "L'Adolescent suicidaire" (éd Dunod)
 

Posté par colombes à 16:49 - les automutilations - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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